Tim Feriss vous a menti: vous ne pouvez pas travailler 4h par semaine

Cette semaine j’ai travaillé avec un client qui s’était lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat en proposant de la vente en dropshipping, sujet très en vogue ces deux dernières années. Malheureusement ça s’est avéré un échec pour lui, non seulement il n’a pas gagné d’argent, mais il en a perdu entre les différentes formalités administratives, le déploiement d’un site web et la publicité. La majorité des gens échouent en croyant à l’argument marketing de la facilité, car personne n’aura l’idée de vous vendre un livre ou une formation en vous promettant que cela va être difficile, ce qui est pourtant le cas.

Comme beaucoup d’entrepreneurs j’ai lu la désormais incontournable Semaine de 4h de Tim Feriss qui contribue à donner cette impression de facilité, que ce soit par son titre ou par sa couverture. Je ne connais pas Timothy Feriss personnellement, c’est surement un type en or (en tout cas c’est un génie de l’entrepreneuriat) mais il me faut une base pour nuancer cette idée de facilité et je vais prendre une des plus connues, j’espère que vous me pardonnerez.

Bien qu’on trouve dans « La semaine » de nombreux conseils très utiles pour mettre en place et automatiser un business, le concept tel qu’il est marketé n’est pas viable. On ne peut pas travailler 4h par semaine et survivre en étant à son compte, c’est un mensonge. Aucun entrepreneur ne travaille si peu, prenez tous les entrepreneurs qui réussissent, ils travaillent bien plus que 4h par jour, bien plus que la plupart des salariés. Tim Feriss lui même travaille bien plus que cela.

Imaginez que vous ayez une idée de business basée sur de la vente d’objets que vous ne manufacturez pas. Il s’agit donc de proposer à une cible un produit pertinent pour elle, de soigner le marketing et de s’assurer que le produit est bien acheminé. Peu importe que le produit soit peu onéreux comme un bracelet exotique ou assez pointu comme une coque de téléphone mobile qui fait également batterie de rechange, peu importe que votre marge soit de 10, 20, ou 60% du prix de vente, en aucun cas vous ne pourrez vivre durablement sur une plage en Indonésie en surveillant une heure par jour vos ventes, c’est impossible car vous êtes en compétition.

Mettre en place la logistique, développer votre marketing, le site internet e-commerce, les pages de vente, les différentes plateformes sur les réseaux sociaux constitue un investissement de départ qui se compte en semaines de travail. Vous allez devoir ensuite obtenir l’attention des gens pour vous faire connaître:

  • Soit en faisant de la publicité, ce qui implique de dépenser de l’argent ET de réaliser de bonnes campagnes publicitaires (ce qui n’est pas donné à tout le monde)
  • Soit en dépensant votre temps et votre sueur (faire des vidéos sur Youtube, envoyer des messages, poster un maximum de contenu sur les réseaux, essayer de contacter des gens qui pourront vous donner de la visibilité).
    Note: la plupart des web-entrepreneurs que je connais utilisent ces deux stratégies en même temps

Une fois que votre produit est lancé et que les premières ventes commencent à tomber, vous foncez vous installer à Bali pour vivre la belle vie sur les marges que génèrent vos ventes. Que va-t-il se passer ? Rapidement, d’autres personnes vont vous copier. Ne croyez pas qu’un petit malin peut prospérer tranquillement dans son coin sans éveiller la curiosité d’autres petits malins, surtout si vous diffusez des publicités partout sur internet. Vous n’êtes pas le seul sur le marché et les autres ont autant envie de réussir que vous, d’ailleurs celui qui travaille toute la journée dans un job qu’il méprise et qui vous imagine profiter de votre hamac sur une plage de sable blanc à sans doute une motivation supérieure à la votre.

Vous allez donc être copié de trois façons : certains vont simplement décliner votre idée et calquer votre façon de faire, en vendant un produit un peu différent mais non-complémentaire (vous n’allez pas acheter deux brosses à dents électriques différentes), d’autres vont vendre exactement le même produit mais ils le vendront mieux, car ils ont plus de savoir faire, ils ont de l’argent à investir dans la publicité ou un réseau de distribution et d’influenceurs. D’autres encore vont faire exactement la même chose, mais au lieu de s’investir 4h par semaine, ils vont s’investir 50h par semaine.

Dans tout les cas le résultat sera le même: au bout de 2 mois vous êtes out.

Une seconde inexactitude que j’ai relevé en relisant le livre en diagonale est épatante concerne ce que Tim appelle la « dreamline » ou ce qu’il vous en coûte par jour pour réaliser vos rêves. On vous montre que pour avoir une belle voiture, un assistant personnel, devenir auteur d’un best-seller et voyager à l’étranger nécessitera de générer 197€ par jour pendant 6 mois. C’est joliment dit mais un peu réducteur, croyez-vous que l’état français où l’IRS aux Etats-Unis vont oublier de vous demander leur part ? Non bien sûr ! Ce qui fait que si vous voulez 200€ net par jour, vous devez vendre environ 400€ par jour, ce qui ne se fera pas en travaillant seulement 30 minutes, je peux vous l’assurer.

Au final le livre est inspirant car il encourage à viser haut et donne tout un tas de tips très utiles pour mieux s’organise, pour automatiser et éviter de perdre son temps et faire preuve de mobilité, sans doute là sa vraie force.

1 Comment
  • Maria Laronze
    Posté à 08:05h, 14 août Répondre

    Tout à fait d’accord avec toi ! Impossible de travailler 4 h (sauf si tu as les moyens d’embaucher quelqu’un pour faire tes 70h à ta place…)

Laisser un commentaire :

%d blogueurs aiment cette page :