Gagner en autorité naturelle: Analyse de Thomas Shelby de Peaky Blinders

On ne croirait pas en regardant la série Peaky Blinders que l’acteur Cillian Murphy, qui incarne Thomas Shelby mesure 1m75 et pèse 71kg. Dans cet article nous allons décrypter ensemble son charisme en 5 traits caractéristiques que vous pourrez appliquer dans  la vie de tous les jours pour gagner en charisme, en leadership et en autorité.

Il a un flegme à toute épreuve

C’est le trait le plus évident de Tommy : son flegme. Il est presque tout le temps parfaitement calme, même dans une situation extrêmement stressante. On voit rapidement la différence par rapports à ses frères qui s’agitent vite. Lui il parle peu, il réfléchit, il analyse, il prend son temps. Ses gestes sont calculés, lents, il s’allume une cigarette, il ne bouscule aucune de ses habitudes.

Ça lui donne un côté mystérieux, et surtout intriguant. Rien n’intrigue autant que quelqu’un qui contrôle ses émotions à la perfection face à une situation de danger : en deux mots, il fait comprendre implicitement à tout le monde qu’il contrôle la situation. Pour ses alliés c’est rassurant, pour ses ennemis c’est flippant.

Dans la vie, des situations stressantes on en vit un paquet. Par exemple dans un cadre professionnel, vous croiserez souvent des personnes qui vous testeront de manière subtile, voudront vous mettre en situation de stress, ou au moins de gêne et de malaise. Certains RH appliquent d’ailleurs des schémas spécifiques pour faire passer des entretiens et tester vos réactions face à telle phrase étrange, telle question improbable etc…

S’agiter, c’est leur donner raison : vous n’êtes pas fiable en cas de crise. Alors que prendre son temps, réfléchir, rester impassible, ne pas se montrer bousculé, c’est jackpot. Ça, vous pouvez le faire même suite à une question dont vous n’avez pas la réponse du tout. L’idée, c’est de montrer que vous n’êtes pas désarçonné. Un « je ne sais pas » lent et contrôlé vaut 1000x mieux qu’une réponse fumeuse et hésitante qui fera s’agiter tous les bullshits detectors de votre interlocuteur.

Il maitrise le silence à la perfection

Alors ça découle directement du premier trait évoqué : le silence est un grand allié de Tommy et joue énormément dans l’autorité naturelle qui émane de lui. Puisqu’il parle peu, il donne de la valeur à ses paroles, du poids. Accessoirement, il créé une atmosphère autour de lui, c’est presque palpable, sa présence pèse toujours plus à mesure qu’il est là, qu’il observe la scène, qu’il semble réfléchir, qu’il laisse son interlocuteur parler, et parler et parler…

Il met tout le monde en position d’attente, et j’irai même jusqu’à dire de « DEMANDE ». On se retrouve en demande de sa parole, on veut savoir ce à quoi il réfléchit, on veut connaitre la suite. Ce qui est superbe, c’est que souvent, il ne s’embarrasse pas une seconde de tout ce qui est « sans importance » et qu’on vient de lui balancer pendant 15 plombes juste avant. Qu’on lui parle de la pluie et du beau temps ou qu’on l’insulte, rien n’y fait. Il pose son silence, il créé la tension, puis il revient directement à l’essentiel, ce pour quoi il est là. 

Dans la vie de tous les jours, ça peut se traduire partout. Typiquement, à une soirée entre amis, vos paroles auront plus de poids et marqueront plus les esprits si elles sont rares, posées au bon moment, meublées de silence et dites avec assurance. Un conseil : apprenez à écouter, à capter l’ambiance, l’atmosphère, ne parlez pas toujours du tac au tac, devenez extérieur à la scène, faites attendre vos réponses, et réfléchissez. Trop peu de personne le font, et ça déstabilisera dans le bon sens du terme vos interlocuteurs.

Il rythme ses prises de parole

Bon pour commencer, quand il veut être entendu et faire comprendre implicitement que ce qu’il a à dire est important, il prend une voix grave et suave qui vient du fond de la gorge. Ça rajoute de la profondeur à ce qu’il dit, et surtout ça réveille tout l’imaginaire du storytelling qu’on peut avoir, à l’instar d’un Johnny Cash ou d’un Morgan Freeman. Raconter des histoires avec cette intensité, ça se travaille, mais certains auront plus de mal que d’autres : il faut avoir la voix qui va avec pour être crédible. Par contre, ce dont tout le monde est capable, c’est de gérer les variances d’intonations, et la temporalité du discours. 

En effet, Tommy entrecoupe beaucoup ses phrases, il amène les choses point par point, pour être sûr qu’on le suive et dérouler sa pensée logiquement. Il envoie des petites « rafales groupées » de mots. Au passage, il créé une mini tension entre chaque partie, qui nous donne envie de connaître la suite. C’est flagrant, on se pend à ses lèvres 

Petite parenthèse, il existe un équivalent en musique qu’on appelle le « staccato », en gros c’est le phrasé en notes détachées, les phrases musicales sont séparées de suspensions entre elles. 

Ce qui est intéressant à noter chez Tommy, c’est qu’en plus du rythme, l’intonation est travaillée et change à mesure qu’on avance dans ce qu’il dit. Il commence bas, il monte et se stabilise, puis finit par redescendre (forme de chapeau). Ainsi, tout est très clair pour les interlocuteurs, qui comprennent instinctivement ce qui relève de l’intro, du déroulement, et de la chute du point qu’il soulève. Encore une fois, on trouve la même chose en musique. Parfois, parler c’est un peu jouer de la musique, et une musique ça se construit, sinon ça ressemble à… un truc qui fait saigner les oreilles !

N’hésitez pas dans la vie de tous les jours à tester différents rythmes de discours, c’est captivant et ça vous démarquera. A force de vous entrainer, ça deviendra naturel.

Gagner en autorité naturelle

Premièrement, il est très stable, il semble ancré dans le sol la plupart du temps et ne bouge que pour ajouter de l’emphase à ses phrases. Sinon, il reste sur place et pivote beaucoup : il montre des doigts, ses mains pointent, et ses yeux aussi. Il implique tous ses interlocuteurs : aucun ne peut se cacher. Ils sont TOUS concernés, ils sont tous destinataires. Il leur impose la responsabilité d’écouter et de comprendre. A l’école quand le prof parlait à l’ensemble de la classe et laissait trainer son regard sur vous, rappelez-vous votre réaction : impossible de se défiler, vous êtes dans le filet, plus rien n’empêche le prof de capter votre attention. Ce truc-là, Tommy le manie à merveille, je le répète, par le regard et par le mouvement de ses mains.

Ce qui est important à noter aussi, c’est qu’il a une attitude un peu en retrait quand il écoute et qu’il est récepteur, c’est-à-dire que son corps est en légère bascule arrière. Et tout change quand c’est lui qui parle, le basculement s’inverse : il est orienté vers l’avant. Attention, il n’adopte généralement pas une position agressive : seulement une position autoritaire, conquérante.

Pensez-y quand vous discutez avec votre boss ou avec quelqu’un que vous avez rencontré depuis peu : la position et l’orientation de votre corps en disent long sur vos intentions et surtout sur votre confiance en vous. Le corps orienté sur le côté ou basculé vers l’arrière : vous êtes passif ou vous avez envie de vous échapper. Le corps en avant, les bras qui pointent, les yeux qui percent, et vous êtes désormais « in charge » comme on dit outre-manche.

 

Il reste humain et le montre

Si j’ai choisi ce dernier trait, c’est pour humaniser un peu son personnage. Parce que ce qui fait qu’on l’aime tant au final, c’est aussi qu’il n’est pas infaillible. D’ailleurs, personne ne l’est. Mais lui, il le montre parfois de manière très ciblée et courte : il craque en public, et ça lui donne du relief. S’il n’avait pas ça, il ressemblerait quand même beaucoup à un robot dévoré par son ambition et dépourvu de toute émotion.

C’est important de se laisser aller à ses émotions de temps en temps, quand c’est sensé et sincère. En famille si quelque chose vous tient à cœur, au travail si on vous manque trop de respect depuis trop longtemps, avec vos amis si quelque chose ne va vraiment pas et que la manière douce n’y fait rien. 

Alors soyons clairs : si vous craquez à la moindre brise, vous n’inspirerez jamais le respect. Par contre si vous êtes une branche solide à laquelle tout le monde s’accroche en temps de crise, comme Thomas Shelby, mais que parfois les choses vous dépassent, que vous craquez un bon coup et que vous reprenez vos esprits rapidement ensuite, vous n’êtes pas faible : vous êtes humain. C’est exactement ce que fait Tommy tout au long de la série. Ses moments de craquage sont rares mais ils existent. Et ce qui est important, c’est qu’ils ont un rôle cathartique tel qu’il peut ensuite reprendre ses esprits et redevenir le leader qu’il a toujours été. Vous voyez la différence ? Ce qu’on pourrait voir comme une faiblesse est en fait une force : il reste humain, il se bat aussi contre ses démons, mais quoi qu’il arrive il se relève et reprend les rênes.

Pour aller plus loin

Vous voulez marquer les esprits dès une nouvelle rencontre ? Découvrez dans cet article comment faire pour que les gens se souviennent instantanément de vous.

1 Comment
  • Adam A.
    Posted at 13:50h, 29 octobre Répondre

    Très bon analyse (et je n’ai même pas vu la série ^^)

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